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Ces temps-ci, je me sens comme dans le tableau Carré blanc sur fond blanc de Malevitch.
Je reviendrai aussitôt que ce syndrome du blogue blanc me passera.
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9 avril 2009
Blanc
19 mars 2009
10 livres en 2 minutes
On ne se refait pas, j’aime les jeux littéraires. Aussitôt vue (chez Patrick et chez Esther), aussitôt adoptée celui-ci, dont la consigne est de nommer 10 livres qui m’ont marquée en deux minutes.
Je me lance.16h53m40s.
1. Le tour du monde en 80 jours de Jules Verne
2. Les fous de Bassan d’Anne Hébert,
3. Jimmy de Jacques Poulin
4. Le Saint-Élias de Jacques Ferron
5. Le libraire de Bessette
6. L’obéissance de Suzanne Jacob
7. L’assomoir d’Émile Zola
8. Les fleurs du mal de Baudelaire
9. Le ravissement de Lol V. Stein de Marguerite Duras
10. Une mort très douce de S. de Beauvoir
Je termine. 16h55m12s.
Ça vous tente d'essayer? Venez me le dire dans les commentaires si vous faites l'exercice.
14 mars 2009
Bashung a quitté la scène

[…]
les pluies acides décharnent les sapins
j'y peux rien, j'y peux rien
coule la résine
s'agglutine le venin
j'crains plus la mandragore
j'crains plus mon destin
j'crains plus rien
le souffle coupé
la gorge irritée
je m'époumonais
sans broncher
Angora
montre-moi
d'où vient la vie
où vont les vaisseaux maudits
Angora
Sois la soie
sois encore à moi
8 mars 2009
Les gros mots
Je devais être en deuxième année du primaire quand j’ai entendu le mot pour la première fois. Dans une engueulade de cour d’école, un garçon de ma classe m’avait dit «toé, on sait ben, ta mère, c’est une féminisss». Je n’avais pas su quoi répondre à ce qui avait tout l’air d’être une insulte de haut calibre dans sa bouche. Ma mère était pourtant une femme comme les autres, et même une femme assez fidèle à la tradition à plusieurs égards, mais c’était une femme assez fonceuse, qui travaillait à l’extérieur de la maison, qui gagnait un meilleur salaire que mon père, et qui s’impliquait socialement et politiquement dans sa communauté. C’était sûrement assez pour la rendre un peu suspecte dans ce petit village du lac Saint-Jean, au milieu des années 70. Ce jour-là, après l’école, ma mère m’a expliqué ce que voulait dire le garçon avec qui je m’étais chicanée. Elle a surtout insisté sur le fait que le mot féministe n’était pas un gros mot, mais, au contraire, que c’était un beau mot, un mot qui parlait de justice et de liberté, qui était encore mal compris par certaines personnes dans la société, dont mon petit copain de classe.
Plus tard, au cégep, puis à l’université, j’ai fait mes devoirs, lu mes classiques du féminisme —Beauvoir, Irigaray, Cixous, Kristeva, Groult, Brossard, Théoret, Boucher, Friedan, etc.—, et j’ai appris l’histoire des luttes des femmes, avec ses victoires, ses défaites, ses excès aussi. J’ai très vite pensé qu’être féministe allait de soi pour une femme, que chaque femme (et même chaque homme) se devait de l’être. Pas de manière flamboyante ou radicale, on en était déjà plus là, mais au quotidien et chaque fois que la situation l’exigeait au travail et ailleurs. Ça, visiblement, le gars pour qui j’avais le béguin et qui m’engueula dans un party d’études littéraires parce que je ne voulais plus l’accompagner chez lui pour une partie de jambes en l’air —à cause de ses propos sexistes pendant la soirée—, ne l’avait pas encore compris. Quand il m’a traitée de féminisss, en sifflant comme un serpent entre ses dents, c’est fou ce qu’il ressemblait au petit garçon de la cour d’école de mon enfance. Je retrouvais la même arrogance, la même ignorance 20 ans plus tard.
Dès la première fois où l’on me l’a expliqué, j’ai compris que les extrémistes, quels qu’ils soient, ne sont jamais représentatifs de l’ensemble d’un mouvement. Ce principe, il m’arrive souvent d’en discuter avec mes étudiants et mes étudiantes qui, les uns comme les autres, mais pas pour les mêmes raisons, ont trop souvent une peur bleue des mots féministe et féminisme. Alors, quand le sujet se pointe le bout du nez pendant un de mes cours, peu importe ce qu’on est en train de faire, je m’arrête et j’en parle avec eux. J’essaie surtout de libérer ces mots de leurs connotations péjoratives, de les réhabiliter à leurs yeux. Cela me semble un bon début de réflexion. Entre autres, je leur rappelle que la liberté et l’autonomie dont les filles jouissent aujourd’hui ne sont pas tombées du ciel, qu’elles ont été durement conquises par des femmes avant nous (des fé-mi-nis-tes, eh oui! répétez après moi: fé-mi-nis-tes, ce n’est pas douloureux!), et que, sur certains plans, il nous reste encore bien du chemin à faire. La plupart du temps, le sujet donne des discussions de groupe animées et intéressantes. Je ne sais pas si cela peut avoir un impact réel sur leurs perceptions du féminisme et des féministes, mais, chaque fois, j’espère les avoir aidés à retrouver le vrai sens de ces mots. Après tout, c’est mon boulot. Et puis, je suis la digne fille de ma mère.
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1 mars 2009
Les Victoires de la musique
Pas de Nuit blanche montréalaise pour moi hier soir. J’ai préféré rester tranquille à la maison. D’autant plus que j’avais constaté que je pourrais regarder la soirée de remise des Victoires de la musique en France sur RFO avec à peine quelques heures de décalage. En fait, je n’avais pas tant l’envie de voir le gala lui-même que celle de voir Alain Bashung aller chercher les prix que j’étais certaine qu’il ne manquerait pas de gagner pour son excellent album Bleu pétrole. J’avoue que je voulais aussi me rassurer sur son état de santé, ce que j’ai plus ou moins réussi à faire. Bashung était bien là, amaigri, affaibli par son combat contre le cancer, cherchant ses mots pour remercier, mais superbe, droit, digne, tellement que j’ai eu les larmes aux yeux lorsqu’il a chanté et chaque fois qu’il est monté sur scène pour recevoir ses trois Victoires (meilleur interprète masculin, meilleur album de chanson et meilleur spectacle) qui en font l'artiste le plus souvent récompensé de l'histoire de cet événement. Maintenant, je souhaite de tout coeur qu’il remporte définitivement la seule victoire qui importe, celle contre cette saloperie de cancer du poumon.
Quant au gala lui-même, je l’ai trouvé longuet (4 heures) et d’intérêt moyen. Il faut dire que la plupart des artistes en nomination dans chacune des catégories y vont d’une prestation, ce qui prolonge passablement la soirée. L’animation de Nagui était correcte, sans plus, ses enchaînements étaient neutres et sans originalité. Côté trouvailles, j’ai bien aimé les sous-titres qui apparaissaient pendant les chansons pour relater une petite anecdote de la vie ou de la carrière de l’artiste. Par exemple, lorsque Renan Luce a chanté «Repenti», on pouvait lire qu’il a écrit cette chanson après avoir vu la trilogie du Parrain de Coppola. L’idée était sympathique.
Au fil de la soirée, je me suis réjouie que Thomas Dutronc reçoive la Victoire de la chanson originale de l'année pour «Comme un manouche sans guitare». Si vous lisez ce blogue depuis quelque temps, vous vous souviendrez peut-être que Dutronc avait été l’une de mes belles surprises des dernières Francofolies. J’étais aussi très contente que l’inclassable Arthur H reçoive le prix du meilleur album pop/rock de l'année pour L'homme du monde. C’est un excellent album, même si je préfère toujours le précédent.
Pour les curieux, la liste complète des gagnants est ici.
Mais je ne voudrais pas terminer sans vous parler de Damien Saez, que je ne connaissais que de nom, et qui m'a fait toute une impression. Il faut dire qu'il a présenté une chanson écrite spécialement pour le gala, «Un jour le peuple se lèvera», une très forte charge politique contre le système capitaliste. On aurait dit Léo Ferré rencontre Kurt Cobain, avec un zeste de Renaud première époque. Je me promets donc d’en découvrir un peu plus sur le travail de ce jeune homme pour le moins intense, comme en fait foi cette vidéo de sa prestion d'hier.
19 février 2009
On s'accommode
La scène se passe en classe.
Je vérifie les présences et j’essaie de prononcer correctement les noms de mes étudiants (d'origines diverses), je m’en fais toujours un point d’honneur. J’arrive au nom de ce garçon si adorable et, pour la 4e fois en quatre semaines de cours, en me maudissant intérieurement d’être si tarte, je m’enfarge pas à peu près dans la prononciation du fameux nom qui comprend, —je vous jure que c’est vrai, même si je ne peux pas vous le dévoiler—, trois «z» et deux «y» sur un total de 16 lettres.
Bon, un peu d’humilité.
- Garçon adorable, peux-tu me montrer encore une fois comment bien prononcer ton nom, stp.
- Tremblay, Madame, Trrrem-bllllay!
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13 février 2009
Le massacre de la St-Valentin
Tout en haut du palmarès des conneries qu’on peut entendre pour justifier la fin ou la non-poursuite d’une relation amoureuse, j’ai déjà eu droit au «t’es trop intelligente pour moi» et aussi au «t’es trop fine pour moi». Ajoutez à cela que je ne porte pas la St-Valentin dans mon cœur, pour faire un beau jeu de mots poche. Pour toutes ces raisons et bien plus encore, j’ai adoré cette délicieuse capsule de Chez Jules, un grand défoulement en ce vendredi 13, veille de la St-Valentin.
Ah, et vous seriez gentil, avant de partir, de laisser en commentaire le récit de votre pire St-Valentin à vie qu'on rigole un peu!
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8 février 2009
Glissements
Je n’ai pas encore eu l’occasion de vous dire à quel point la session est bien partie. Mes groupes sont allumés, sympathiques, drôles… Tout va donc très bien, Madame la marquise. Par contre, la semaine dernière, j’ai eu un choc: j’ai découvert que j’ai dans mes groupes des étudiants qui sont nés en 1990.
1990!
Ben oui, pendant que je dansais sur du Jean Leloup, eux, remplissaient leurs premières couches. Un jeunot insouciant m’a asséné la nouvelle en plein milieu d’un cours sans aucun ménagement. La claque, je vous dis. Le groupe a bien rigolé de l’expression ahurie qui s’est affichée sur mon visage à ce moment-là. Surtout que, quelques minutes auparavant, j’avais un peu trahi mon âge en parlant d’Expo 68 au lieu d’Expo 67, et qu’un petit vite avait décodé le lapsus. Maintenant, c’est foutu, je ne serai plus jamais la même. Un glissement dans ma ligne du temps s’est opéré. Je ne peux plus faire semblant de ne pas le savoir: mes étudiants, ces beaux jeunes hommes fringants, ces belles jeunes filles fougueuses, ont l’âge de pouvoir être mes enfants, pourraient être mes grands enfants si j'en avais eus. Je savais que ça arriverait un jour ou l’autre, voilà, c’est fait. Pas de retour en arrière possible.
Pourtant, mon horloge biologique se manifeste encore, même si elle sonne moins fort qu’avant, et il me semble que c’est la semaine dernière que j’étais à leur place en train de rêver à mon avenir. Lorsque j’ai donné mon premier cours, en 2000, les agents de sécurité me demandaient ma carte d’employée lorsque je voulais faire déverrouiller un local. À la même époque, un de mes étudiants m’avait écrit une lettre d’amour enflammée. Maintenant, on m’appelle tout naturellement «madame», en classe et ailleurs.
Je vieillis, tout banalement, tout platement, mais pas mes étudiants. Eux ont toujours le même âge. C’est une évidence de le dire. Tous les profs vivent cette impression particulière d’être la seule personne à vieillir dans la classe. Étrange. Très étrange. J’ai beau réussir à ne pas m’en faire avec mon âge la plupart du temps, et penser qu’on a l’âge de son cœur, depuis que j’ai eu 40 ans, les signes de glissement du temps se multiplient, et pas que dans mon miroir. J’ai toujours l’impression d’une présence qui me souffle dans la nuque, d’une brûlure qui me rappelle l’urgence de vivre et d’en profiter le plus possible. Le moins que l'on puisse dire, comme le chante si justement Vallières, c'est que l’avenir est ben (ben!) plus proche qu’avant…
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28 janvier 2009
Trac, quel trac?!
Ça y est!
J’ai retrouvé ma respiration normale et mon sourire fendu jusqu'aux oreilles.
Mes groupes m’ont fait une bonne impression.
L’avenir saura me dire si j’ai du pif.
En guise de moment jubilatoire, une fois, n’est pas coutume, je ne peux m’empêcher de vous montrer cette petite vidéo irrésistible (merci, Rémi, pour l'envoi). Ce serait mon fantasme suprême qu’un étudiant fasse un truc du genre dans ma classe!
25 janvier 2009
Éclat de rire

C’est assez incroyable qu’on ait traduit le titre du film Slumdog Millionaire par Le pouilleux millionnaire en français.
Pardon?!
Même n’ayant pas vu le film et même avec ma connaissance minimale de l’anglais, j’aurais pu trouver mieux, il me semble, surtout pour le Québec.
Cela dit, la musique du film est tout à fait irrésistible!
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Fragile est la flamme
Je me suis réveillée en sursaut ce matin.
Pas étonnant: je donne mon premier cours de la session demain 8 heures.
Rien à faire, j’en ai parlé quelques fois, mon trac ne s’améliore pas avec l’expérience. La plupart des profs sont comme ça, et c’est quasi impossible de se guérir de ce trac. Alors, il faut s’accrocher et foncer.
Tout de même, ça va me faire du bien de retourner au boulot et dans l’action. J’ai besoin de me secouer un peu, car j’ai profité des vacances pour tomber dans une étrange période d’introspection qui s’éternise. En fait, je me sens une petite douleur au cœur dont je n’identifie pas très bien les causes.
Tiens, en regardant la cérémonie d’investiture d’Obama, je pensais à quel point cet homme semble né pour accomplir de grandes choses. Je me demande s’il a toujours senti au fond de lui un appel à le faire. Évidemment, on ne peut pas tous être des Obama, mais j'ai toujours cru et je continue de croire qu’on peut changer le monde à la mesure de nos possibilités. Est-ce que je le fais? Est-ce que j’aide à construire un monde meilleur? Est-ce que je fais une différence pour mes étudiants?
Je l’espère, mais je suis loin d’en être certaine en ce moment…
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12 janvier 2009
Pas de temps à perdre
Missmath, dans son plus récent billet, parle de l’effet de l’horaire sur l’enseignement, sur les profs et sur les élèves. En passant, elle évoque aussi, sans vraiment s’y arrêter, le fait que «rares sont les étudiants qui vivent leur cégep». Ici, le mot vivre est le plus important, je trouve. Fine mouche comme elle est, elle met le doigt en plein sur un état d’esprit que j’ai remarqué depuis quelque temps et que j’ai tendance à trouver plutôt consternant, surtout à cause de ce qu’il indique des valeurs que nous avons transmises à ces jeunes.
Tranche de vie. Quand j’étais moi-même étudiante au cégep (de Jonquière, si vous voulez tout savoir), il y avait toutes sortes de blagues, toutes plus drôles les unes que les autres, qui couraient sur ces étudiants, espèces de créatures mythologiques généralement habillées en brun, qui passaient dix ans au cégep à se faire pousser la barbe ou le poil des aisselles, à changer de concentrations plus souvent que de sous-vêtements et à se spécialiser surtout dans la procrastination et le pelletage de nuages. Fin de la tranche de vie.
À l’époque actuelle, avec tous les incitatifs pour qu'ils terminent leurs études le plus rapidement possible et toutes les contraintes qu’on a imposées aux étudiants, au fil du temps (entre autres, en leur coupant les prêts et bourses après un certain nombre de sessions, en imposant une taxe à l’échec, etc.), ces sympathiques spécimens n’existent plus. On est carrément tombé dans la tendance inverse. Les jeunes ont tellement intégré les impératifs de productivité de notre société que beaucoup d’entre eux voudraient avoir fini le cégep avant de le commencer. De la même manière, l’engagement (oh! le beau mot démodé!) dans leurs études vient souvent bien après l’envie de travailler et de «faire du cash» pour de nombreux étudiants. Avouons que ce n’est pas le contexte le plus stimulant qui soit pour l’apprentissage.
Concrètement, encore la session dernière, j’ai eu à peu près cette discussion avec un étudiant :
MOI
Ça fait trois semaines que ça se produit. Pourquoi pars-tu alors que le cours n’est pas terminé?
ÉTUDIANT
Il faut que je parte pour être à l’heure à mon travail.
MOI
Pourquoi as-tu accepté des heures de travail une journée où tu as un cours? Tu savais bien que ça te causerait un conflit d’horaire.
ÉTUDIANT, qui me regarde comme quelqu’un qui ne comprend pas vite
Je n’ai pas de conflit d’horaire, j’ai mes cours le matin et je travaille l’après-midi.
MOI
Tu appelles ça comment partir une heure avant la fin du cours si c’est pas un conflit d’horaire?
ÉTUDIANT
C’est mon choix. Ne vous inquiétez pas, je ne dépasserai pas le nombre maximal d’heures d’absence autorisées.
MOI
Là n’est pas la question. Je ne te chicane pas, je réfléchis avec toi. Combien d’heures fais-tu à ton boulot?
ÉTUDIANT
35 heures.
MOI
Tu travailles à temps plein, donc. Et tu as combien d’heures de cours en même temps?
ÉTUDIANT
Je suis à temps plein à l’école aussi.
MOI
Ah bon ! Deux occupations à temps plein en même temps. Tu ne vois pas quelque chose d’illogique là-dedans? Tu étudies quand? Tu fais tes lectures obligatoires quand? Ce n’est pas un peu trop? Penses-tu pouvoir tenir le coup longtemps comme ça?
ÉTUDIANT, sur la défensive
C’est mon choix. Je suis jeune et si je suis capable de le faire, pourquoi pas?
MOI
UN. Parce que tu étudies au cégep et que tes cours devraient normalement être ta priorité. C’est ça ton boulot principal ! DEUX. Désolée de te décevoir, mais tu n’es PAS «capable de le faire». Il ne te suffit pas d’être présent de corps pour réussir tes études. Je ne sais pas pour tes autres cours, mais, ici, dans le mien, tu es soit endormi, soit passif, et tu rates souvent les travaux pratiques qui ont lieu dans la dernière heure du cours parce que tu t’en vas. Alors, non, pour moi, tu ne seras pas «capable» d’y arriver. Tu fonces directement dans un mur si tu veux mon avis.
ÉTUDIANT
C’est mon choix…
MOI
J’espère que tu trouveras quand même le moyen de trouver un peu de plaisir dans tes études et de préserver ta santé physique et mentale.
Il a haussé les épaules, manière polie de me dire que je l’emmerdais.
Au bout du compte, il a réussi à terminer avec (à peine) la note de passage dans mon cours parce qu’il est intelligent et qu’il en est encore à sa première session de cégep. Par contre, un mois après, j’aime mieux ne pas aller vérifier ce qu’il a retenu de ce cours.
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8 janvier 2009
L'indécence
Je suis un petit peu allergique aux reportages larmoyants à saveur humanitaire qu’on nous présente pour faire du remplissage aux bulletins de nouvelles pendant la période des fêtes.
«Madame Chose est pauvre, handicapée, lesbienne, frisée, daltonienne, maniaco-dépressive et abandonnée de ses enfants, elle va pleurer toutes les larmes de son corps la nuit de Noël, etc.»
Vous comprendrez que j’ai souffert le martyr pendant mon séjour chez ma sœur, où le téléviseur est toujours, ou presque, allumé à TVA et où la suggestion de l’éteindre n’est pas toujours bien reçue. M’enfin… Je suis juste une snob, c’est bien connu!
Un matin de cette semaine —la dernière en vacances, pour moi—, pendant que mes vaillants collègues du primaire et du secondaire retournaient au boulot, je m’offrais le luxe de flâner devant l’émission du matin à RDI. C’est ainsi qu’un gentil journaliste souriant et cravaté m’apprit, sans aucun ménagement, que, le 2 janvier à 9h04, les cent dirigeants d'entreprises les mieux payés au Canada avaient déjà gagné le salaire annuel que gagnera le travailleur moyen en 2009 (40 237$). Disons que j’ai avalé ma gorgée de café de travers, et que ça ne m’a pas réellement apporté de consolation qu’ils doivent souffrir une dizaine d’heures de plus pour obtenir mon salaire. J'étais encore moins soulagée quand j’ai réalisé que, 40 237$ étant le salaire moyen, la moitié des gens ne gagnent pas ça.
C’est aussi à ce moment que j’ai compris pourquoi j’ai autant de difficulté avec le fait que les gouvernements de tous les pays capitalistes aident les grosses compagnies à passer à travers la crise économique. Cela dit, nul besoin de m’expliquer dans les commentaires qu’il faut le faire pour sauver les emplois des travailleurs, ni de me donner quelque autre leçon d’économie que ce soit, j'ai pigé, mais n'empêche, un seul mot me venait en tête: indécence.
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31 décembre 2008
Un petit set carré avec ça?
Me revoilà.
J’ai fini par retraverser le parc des Laurentides en sens inverse.
Ce fut long en titi en patins à glace. Surtout que les arabesques m’ont fait perdre un temps fou. Ne riez pas. Essayez un double axel avec une valise sur le dos, vous verrez bien.
Tout ça pour dire que j’étais partie un peu vite pour le lac le 22 décembre, je n’avais pas eu le temps de vous dire au revoir et bon Noël. Je me reprends aujourd’hui, même si je n’ai pas le loisir d’écrire longuement.
Chers lecteurs, chères lectrices, qui passez de temps en temps ou de manière plus régulière (malgré mes mises à jours qui ne le sont pas du tout),
Je souhaite que l’année 2009 vous soit douce au cœur et au corps.
J’espère aussi que, ce soir, vous pourrez célébrer avec des gens que vous aimez.
C’est peut-être un cliché, mais, au fond, c’est tout ce qui compte, aimer, être aimé…
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19 décembre 2008
Pour votre pause-café
À lire: Le choix des mots de nos politiciens en dit parfois plus long qu'ils ne le croient sur leur conception des choses. Hélène Matteau vise très juste dans ce petit billet.
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À regarder et écouter: Rameau en animation
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